Section 1. Introduction
S'agissant des organes, des institutions mises en place pour faire fonctionner le système européen, plusieurs typologies sont concevables.
- On pourrait s'inspirer de la présentation classique pour les organisations internationales, distinguant les organes principaux (créés par le Traité constitutif) et les organes subsidiaires, créés par décision d'un organe principal. Ceci ne serait absolument pas adapté et resterait purement formel, non significatif.
- On pourrait alors s'inspirer de présentations « internes » et distinguer les organes d'action et les organes de contrôle ou les organes législatifs, exécutifs et juridictionnels... Autre possibilité : mettre en évidence les organes politiques et les autres à caractère plus administratifs.
En réalité, le traité sur l'Union européenne dans sa version issue du traité de Lisbonne propose une liste des institutions de l'Union.
Jusque là, l'article 7 TCE (ex 4) permettait d'identifier les 5 « institutions » de la Communauté :
- un PARLEMENT EUROPÉEN,
- un CONSEIL,
- une COMMISSION,
- une COUR DE JUSTICE,
- une COUR DES COMPTES.
Ce statut est important en ce que certaines procédures sont ouvertes aux « institutions », ce qui renvoie alors à cette liste.
Pour le traité de Lisbonne, la liste (article 13§1 ) est plus longue, les institutions de l'Union étant désormais :
- le Parlement européen,
- le Conseil européen,
- le Conseil,
- la Commission européenne (dénommée « Commission »),
- la Cour de justice de l'Union européenne,
- la Banque centrale européenne,
- la Cour des comptes.
Par ailleurs, l'article 13 donne deux informations supplémentaires. D'une part, le TUE présente les traits généraux de ces institutions sauf pour la Banque centrale européenne et la Cour des comptes qui ne sont abordées que dans le Traité sur le fonctionnement de l'Union, ce qui conduit à pouvoir voir là des institutions de deuxième ordre.
D'autre part, il est indiqué que le Parlement européen, le Conseil et la Commission, c'est à dire le système politique traditionnel communautaire, sont assistés par deux organes consultatifs : le Comité économique et social et le Comité des régions.
Dès lors, on sera conduit à mettre d'abord en évidence le système politique de l'Union européenne, composé de toutes les structures permettant de représenter un certain intérêt dans les processus de prise de décision : la Commission représente et promeut l'intérêt général de l'Union. Le Conseil et le Conseil européen permettent de défendre les intérêts des États membres. Le Parlement européen représente les citoyens de l'Union. Le Comité économique et social représente les intérêts s'exprimant dans la société civile, et le Comité des régions représente les collectivités régionales et locales au sein de l'Union (Leçon 4).
Sera ensuite présenté le système de contrôle, avec le contrôle juridictionnel et le contrôle financier (Leçon 5). En troisième lieu, seront vus les organismes autonomes, importants notamment en matière monétaire et qui caractérisent également un véritable phénomène pour le développement d'un système administratif européen (Leçon 6).
Le système « de gouvernement » de l'Union mobilise des institutions qui, de manière plus ou moins directe, peuvent se targuer d'une légitimité démocratique, l'élection du Parlement européen au suffrage universel direct en étant le symbole le plus manifeste. Depuis le traité de Maastricht, le traité sur l'Union identifiait également une série de principes sur lesquels était fondée l'Union et qui dessinait un profil politique de celle-ci (et de ses États membres) : liberté, démocratie, respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales de même que de l'État de droit (article 6 §1 TUE).
Le traité de Lisbonne, tout en reprenant à l'article 2 TUE modifié cette démarche, avec des valeurs fondatrices d'ailleurs diversifiées, innove en consacrant un Titre du TUE aux « dispositions relatives aux principes démocratiques », permettant d'identifier un véritable modèle européen de démocratie, sorte de panachage de la démocratie représentative (article 10 TUE modifié) reposant sur le Parlement européen, le Conseil européen, et le Conseil et de la démocratie participative (article 11 TUE modifié), avec des principes d'ouverture, de dialogue avec la société civile organisée et une initiative normative offerte à un million de citoyens. Les partis politiques européens et les parlements des États membres se voient également donner un rôle dans le fonctionnement de cette démocratie européenne.
Le « système politique de l'Union européenne » est formé de quatre « institutions », le Parlement européen, le Conseil européen, le Conseil, et la Commission européenne, et de deux organes consultatifs : le Comité économique et social et le Comité des régions. Il convient de mettre à part le Conseil européen, qui n'était pas une « institution communautaire » ; seront ensuite vues les trois institutions politiques communautaires, le « triptyque » classique (Parlement, Commission, Conseil), puis les deux organes consultatifs. Il faudra ensuite souligner qu'avec le traité de Lisbonne, les Parlements des États membres accèdent à un rôle dans le système de l'Union.