Commentaire
Lorsqu'une faute du défendeur est prouvée et que le dommage a pour cause, outre cette faute, un événement de force majeure, la Cour de cassation avait admis que la victime fautive ne pouvait prétendre qu'à une réparation partielle : dans un arrêt célèbre, les conséquences d'une inondation fut partagée entre l'orage d'une violence exceptionnelle et l'imprudence de la victime qui avait construit une digue empêchant l'eau de s'écouler (Cass. civ., 13 mars 1957 : D. 1958.73 note RADOUANT ; S. 1958, 77 note MEURISSE ; JCP 1957, II, 10084 note ESMEIN). Cette interprétation fut abandonnée au nom du principe d'indivisibilité du lien de causalité. Soit la force majeure existe, et aucun recours de la victime n’est possible. Soit la force majeure n’est pas retenue et la victime, malgré sa faute, peut agir. En l’espèce, il est difficile de dire qu’Alain a commis une faute pouvant exonérer les chasseurs ; ces derniers ont été, pour le moins, imprudents en tirant alors que le soleil les aveuglait.