Avant d’en examiner le montant (Section 2) et le paiement (Section 3), il convient de s’entendre sur la notion de salaire (Section 1).
Section 1. La notion de salaire
Au salaire de base (§1) s’ajoute fréquemment des accessoires de salaire (§2).
§1. Le salaire de base
La rémunération des salariés se décompose en deux parties : au salaire proprement dit (ce qu'on appelle le « salaire de base »), viennent s'ajouter d'autres éléments de rémunération, avantages en espèces ou en nature (ce qu'on appelle les « accessoires de salaire »).
Sous réserve de révision, le salaire de base est en général défini par le contrat de travail et présente un caractère de fixité à chaque paie en principe calculé en fonction de la durée du travail. Ce salaire au temps ne tient compte d'aucun autre élément et ne varie pas avec le rendement.
Toutefois, le salaire est de moins en moins fixe et il existe de nombreuses formes de salaire variable. La structure de la rémunération peut se composer alors de deux parties : une partie dite « fixe » et une partie « variable » sous forme de commissions (pour les commerciaux) ou alignée sur le chiffre d'affaires (cf. Leçon 4).
Rq.Nb : Cette forme de rétribution est souvent utilisée comme un élément de motivation du personnel.
§2. Les accessoires de salaire
Ce sont les avantages auxquels on reconnaît la qualification de salaire et qui en suivent le régime.
A. Les avantages en nature
Les avantages en nature sont des prestations accordées gratuitement par l'employeur au salarié (ou moyennant une participation de l'intéressé inférieure à leur valeur réelle). Il s'agit le plus souvent de la nourriture et du logement. Cela peut être aussi l'usage d'un véhicule de fonction.
B. Primes et gratifications
Des compléments de salaire peuvent être versés par l'employeur à ses salariés sous forme de primes.
Ces primes sont généralement attribuées :
- soit pour tenir compte de la nature ou des conditions particulières de travail (prime de salissure…) ;
- soit pour récompenser ou motiver un salarié (prime d’ancienneté, prime de 13ème mois…) ;
- soit à l'occasion d'un événement familial (prime de naissance…).
Aucune prime n'est fixée par la loi. En principe, les primes résultent de la convention collective ou d’un accord collectif, d’un usage d'un usage en vigueur dans l'entreprise ou d’un engagement unilatéral de l'employeur ou encore du contrat de travail.
Ce sont des éléments de salaire, qui sont versés de manière régulière ou non, et qui sont soumis à conditions. Les conditions d'attribution des primes ne doivent toutefois pas présenter un caractère discriminatoire, ou rompre l’égalité, ni porter atteinte aux libertés et droits fondamentaux du salarié.
Rq.Nb : Les primes de rythme et les majorations pour sujétions particulières qui sont liées au caractère contraignant du rythme de travail imposé pour compenser des sujétions particulières telles que le travail le dimanche, les jours fériés ou la nuit ne peuvent être prises en compte pour l'application du SMIC. La solution est identique pour une prime d'assiduité ou une prime d'ancienneté. Sont donc exclues par la jurisprudence du calcul du respect des minima toutes les primes qui ne rémunèrent pas directement le travail effectué mais d'autres éléments : présence effective, ancienneté, pénibilité, etc.
C. Les pourboires
Il s’agit des sommes versées pour le service de façon facultative ou obligatoire (% de la note) par le client directement au salarié ou centralisé par l’employeur.
Les pourboires doivent être intégralement versées au personnel en contact avec la clientèle (C. trav., art. L. 3244-1) et ce mensuellement.
Les salariés qui reçoivent les pourboires ne peuvent s'opposer à ce qu'une partie des pourboires ainsi collectés soient redistribués à d'autres catégories de personnel en contact avec la clientèle.
Rq.Attention : Sommes n’ayant pas le caractère de salaire
- Les frais professionnels : Dans de nombreuses professions, le salarié bénéficie de sommes allouées à titre de remboursement de frais professionnels. Les frais professionnels sont constitués par l'ensemble des sommes perçues par les salariés pour couvrir des frais exposés pour les besoins de leur activité professionnelle. Il peut s'agir de frais de déplacement, de frais liés aux conditions de travail (dépenses vestimentaires par exemple) ou encore de dépenses exposées par le salarié en lieu et place de l'entreprise et dont il obtient le remboursement. Le remboursement de ces frais n'a pas le caractère de salaire, il ne sera donc pris en compte ni pour l'application du SMIC, ni dans l'assiette des cotisations.
-
Les indemnités réparant un préjudice : Il s'agit des indemnités qui ont pour objet de compenser un préjudice et ont donc la nature de dommages et intérêts.
Ex. : l'indemnité de licenciement, l'indemnité pour mise ou départ à la retraite et plus généralement toute autre indemnité qui vise à réparer un préjudice subi par le salarié dans le cadre de son contrat.