La crise financière ayant sévi à partir de 2008 a mis en péril la stabilité financière de certains États membres de la zone Euro et dès lors s’est imposée la nécessité, malgré certains principes de départ, de mettre en place des structures de stabilisation financière, selon un principe de solidarité au plein sens du terme, c'est-à-dire la conscience de la communauté d’intérêts d’États partageant une monnaie commune. La succession de solutions d’urgence ou plus pérennes, de « mécanismes » ou de « fonds », d’instruments internationaux, ou circonscrits à la zone euro, ou relevant de l’Union européenne, peut apparaître comme quelque peu chaotique.
Le 9 mai 2010, les Chefs d’État ou de gouvernement de la zone Euro se sont accordés sur la création du
Fonds européen de stabilité financière (FESF), devenu opérationnel le 4 août 2010 après ratifications. Le FESF a son siège à Luxembourg et c'est la Banque européenne d'investissement qui en assure la gestion administrative dans le cadre d'un contrat de service.
Sa capacité financière a été portée le 11 mars 2011 à 440 milliards d’euros (correspondant à un maximum de prêts des États membres), mais en coopération avec le FMI (250 Milliards) et avec l’apport du Mécanisme européen de stabilisation financière relevant de l’Union européenne (à 27 et non limitée aux 17 de la zone Euro) mis en place par le règlement n° 407/2010 du 11 mai 2010 (JOUE n° L 118/1 du 12 mai 2010) et qui permet à la Commission, sur autorisation du Conseil et avec la garantie des États membres, d’emprunter 60 Milliards sur les marchés, il peut mobiliser 750 milliards d’euros. Le 21 octobre 2011, la capacité financière du FESF a été encore renforcée, grâce à des « effets de levier » n’exigeant pas de mise supplémentaire de fonds de la part des États membres, à hauteur de 1000 milliards d’euros.
Le 11 mars 2011, il a été décidé de remplacer ces deux instruments par le
Mécanisme de stabilité européen (MES). Le traité mettant en place ce Mécanisme a été signé le 11 juillet 2011, son entrée en vigueur datant du 27 septembre 2012. Le MES est une institution financière internationale ayant son siège à Luxembourg. Il est régi par le droit international public. Il est souvent comparé à une sorte de "FMI européen".
Le MES dispose, au sein des 620 milliards de capital exigible des États, de 80 milliards d'euros de fonds propres. Tout comme le FESF et le MESF, le MES emprunte sur les marchés, mais le capital versé par les États lui assure une plus grande force de frappe.
Le MES dispose en outre d'un nouvel instrument : l'assistance financière à titre de précaution. Tout comme le FESF, il peut acheter de la dette primaire (nouvellement émise) et secondaire (donc rachetée) des États, et participer à la recapitalisation d'institutions financières, notamment les banques.
Le FESF et le MESF étaient des instruments ponctuels, instaurés temporairement. N’ayant aucune légitimité juridique, ils ont été fusionnés et consacrés sur forme de traité pour donner naissance au MES qui reprend leurs fonctions. Ces deux entités existent donc toujours mais sont désormais réunies en une seule et même entité juridique et renforcées par le fonctionnement du MES.
En outre, le FESF dispose encore de fonds à hauteur de 13,2 milliards d’euros. Néanmoins, étant alimenté par tous les membres de l’UE et non seulement de la zone euro, l’allocation de ce fonds à un pays en difficulté nécessite l’approbation des 28 Etats membres.
En cumulant les capacités de prêt du MES, ainsi que les aides aux pays en difficulté de la zone euro, le montant du "pare-feu" européen atteint 700 milliards d'euros.
Ce fonds est alimenté par les États membres en fonction de leur richesse : l'Allemagne y contribue par exemple à 27 %, la France à 20,5 %.
Deux premières tranches ont été versées en octobre 2012, deux autres tranches de 20 % en 2013, et la dernière en 2014.
Une telle base en capital constitue un levier, grâce auquel le MES peut mobiliser des ressources sur les marchés financiers et émettre de la dette trois à quatre fois supérieure à celle du pays bénéficiaire, avec un taux d'intérêt plus avantageux du fait de sa solidité financière.
Le MES peut également conclure des arrangements, notamment financiers, avec ses membres, des institutions financières telles que le Fonds monétaire international (FMI) ou d'autres tiers.
Le traité sur le MES prévoit par ailleurs une coopération avec le FMI. Ce dernier peut ainsi participer financièrement aux plans d'aide octroyés. L'expertise technique de l'institution est également mise à profit, notamment au sein de la troïka (Commission-BCE-FMI) pour évaluer la situation financière de l'État demandeur et veiller au respect de la conditionnalité dont est assortie la facilité d'assistance financière.
Le Mécanisme européen de stabilité est ouvert aux États membres de la zone euro.
Pour en bénéficier, plusieurs conditions sont cependant nécessaires. Tout d'abord, l'État doit bien sûr avoir ratifié le traité instaurant le mécanisme, ainsi que l'inscription du MES dans le traité sur le fonctionnement de l'UE (article 136).
Il doit également avoir souscrit au "Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance" et avoir mis en place la règle d'équilibre budgétaire qu'il implique.
Enfin, le MES subordonne son aide à une stricte conditionnalité qui peut prendre la forme, notamment, d'un programme d'ajustement macroéconomique défini au cas par cas. Cela signifie donc que l’État emprunteur doit appliquer des réformes prédéfinies.
En dehors de ces mécanismes essentiels, existent d’autres systèmes comme le
mécanisme de soutien financier à moyen terme des balances des paiements des États membres (règlement n°
332/2002 du Conseil du 18 février 2002, JOCE n° L 53/1 du 23 févr. 2002). Doté de 50 milliards d'euros, il est destiné aux pays n'appartenant pas à la zone euro, et a servi à aider la Lettonie, la Hongrie ou la Roumanie. L’aide à la Grèce correspondait quant à elle à un dispositif
ad hoc, pour un total de 110 milliards d'euros (30 du FMI et 80 des autres États), puisque le mécanisme de stabilisation n’existait pas encore.