Section 1. Présentation
Il existe une diversité de cartes qui n'ont pas toutes le même rôle, la carte accréditive, la carte privative(...). Les cartes bancaires sont émises par les banques dans lesquelles les titulaires ont un compte. Ces établissements agissent généralement dans le cadre d'une organisation (GIE Carte bancaire).
Les cartes accréditives sont émises par des établissements financiers spécialisés (Diners Club, American express) ; il ne s'agit pas de banques tenant le compte du titulaire mais d'établissements de crédit.
Les cartes privatives sont diffusées par des commerçants, grands distributeurs (Carrefour, Galeries Lafayette, Printemps, Auchan...), des commerçants spécialisés (FNAC, Hertz, Avis...), des constructeurs automobiles (Peugeot, Ford...), des chaînes hôtelières (Méridien, Novotel...), des compagnies pétrolières (Total...).
Ex.« Par exception au monopole des prestataires de services de paiement, une entreprise peut fournir des services de paiement fondés sur des moyens de paiement qui ne sont acceptés, pour l'acquisition de biens ou de services, que dans les locaux de cette entreprise ou, dans le cadre d'un accord commercial avec elle, dans un réseau limité de personnes acceptant ces moyens de paiement, ou pour un éventail limité de biens ou de services, cette entreprise n'appartient pas pour autant à la catégorie des prestataires de services de paiement, de sorte que, par application de l'article L. 133-1 du code monétaire et financier, les dispositions de l'article L. 133-19 du Code monétaire et financier ne lui sont pas applicables » (Cass. com., 30 juin 2021, n° 19-21418).
Certaines sont limitées à une enseigne, d'autres sont dites « multi-commerces ». Destinées à fidéliser la clientèle, elles peuvent permettre des paiements, l'obtention de crédit ou de réductions ainsi que des services et avantages divers.
Df.Nous nous intéresserons à la carte de paiement telle qu'elle est définie par l'ancien article L. 132-1 du Code monétaire et financier qui disposait que « constitue une carte de paiement, toute carte émise par un établissement de crédit ou assimilé permettant à son titulaire de retirer ou de transférer des fonds. Constitue une carte de retrait, toute carte émise par un établissement de crédit ou assimilé permettant exclusivement à son titulaire de retirer des fonds ». La numérotation dans le code monétaire et financier a été modifiée.
L'ordonnance n° 2009-866 du 15 juillet 2009 a regroupé sous une même terminologie les instruments de paiement qui comprennent entre autre la carte de paiement (article L. 133-4 du Code monétaire et financier : « Un instrument de paiement s'entend, alternativement ou cumulativement, de tout dispositif personnalisé et de l'ensemble de procédures convenu entre l'utilisateur de services de paiement et le prestataire de services de paiement et auquel l'utilisateur de services de paiement a recours pour donner un ordre de paiement »).
L'ordonnance n° 2009-866 du 15 juillet 2009 a regroupé sous une même terminologie les instruments de paiement qui comprennent entre autre la carte de paiement (article L. 133-4 du Code monétaire et financier : « Un instrument de paiement s'entend, alternativement ou cumulativement, de tout dispositif personnalisé et de l'ensemble de procédures convenu entre l'utilisateur de services de paiement et le prestataire de services de paiement et auquel l'utilisateur de services de paiement a recours pour donner un ordre de paiement »).
L'utilisation de la carte repose sur une convention entre le titulaire de la carte, appelé aussi porteur, et l'émetteur (contrat porteur). Il existe également une autre convention liant les commerçants et les émetteurs (contrat fournisseur) lorsque ceux l'autorisent la carte comme mode de paiement. Dans les deux cas, ces contrats sont des contrats intuitu personae, même si ils sont également d'adhésion.
Le contrat liant l'émetteur et le porteur de la carte tend à définir les caractéristiques de la carte et son mode de fonctionnement. La carte reste la propriété de l'émetteur, le client n'en a que l'usage, usage qui doit être personnel. A cet effet, le client doit payer une cotisation annuelle.
La carte peut être délivrée au titulaire du compte bancaire lui-même ou à une personne détenant une procuration sur ce compte, aux titulaires d'un compte joint ou à l'un d'entre eux. La demande de carte auprès de l'émetteur doit être expresse. Un émetteur de carte est libre de proposer ou de refuser de délivrer une carte de paiement sans s'exposer à des poursuites. De la même façon, l'émetteur peut retirer la carte à son titulaire sans justifier sa décision (à la différence de ce qui existe pour le chèque, voir à cet l'article L. 131-71 du Code monétaire et financier), encore faut-il que le porteur ait eu connaissance de cette faculté et l'ait acceptée.
Ex.
, Rev. droit bancaire et financier, 2004, p. 244, n° 155 : un tribunal d'instance, pour décider que le retrait de la carte était justifié, avait retenu que selon un article des conditions générales d'une convention unissant la banque à son client, cette dernière se réservait le droit de retirer la dite carte à tout moment et sans avoir à motiver sa décision.
En se déterminant ainsi, sans constater que le seul document signé par le client faisait état de ce que celui-ci avait reçu et accepté les conditions générales et les conditions particulières de la convention, le tribunal a privé sa décision de base légale.
§ 1. Les obligations du fournisseur
Le fournisseur doit informer le public qu'il accepte le paiement par carte. Selon les cas, cette information se fera par un affichage indiquant que le commerçant est affilié au réseau des cartes bancaires. Il peut subordonner le paiement par carte à un montant minimum d'achat. Lors d'un paiement par carte, il doit effectuer un certain nombre de vérifications (identité du titulaire de la carte, validité de la carte...) pour s'exonérer d'une éventuelle responsabilité. Le fournisseur doit payer, en outre, à l'émetteur une commission correspondant à son adhésion au réseau ainsi qu'une cotisation annuelle d'affiliation.
§ 2. Les obligations de l'émetteur
L'émetteur a le droit d'agréer ou pas le fournisseur. De la même façon, il peut modifier les conditions du contrat. Le fournisseur, en cas de désaccord peut résilier le contrat. La rupture du contrat peut résulter également d'une cessation d'activité, de son comportement frauduleux. L'émetteur doit informer le fournisseur des cartes admises en paiement dans le réseau. Il doit ainsi préciser les conditions d'utilisation de la carte et l'évolution du système et notamment les nouvelles règles de sécurité (Trib. Com de Paris, 20 nov. 1996, Banque et droit, 1997, n° 52, p. 45).
L'émetteur met à disposition du fournisseur le matériel nécessaire sous la forme d'un contrat de prêt à usage ou de location. L'émetteur apporte au fournisseur une garantie de paiement dans certains cas. Cette garantie participe de l'intérêt croissant pour la carte de paiement. Ainsi, l'émetteur garantit systématiquement le paiement de petites sommes. En ce qui concerne le paiement des sommes d'un certain montant, une autorisation doit être demandée auprès du centre des autorisations dont dépend le fournisseur. Le jeu de la garantie est lié à l'exécution par le fournisseur de ses obligations relatives aux conditions et contrôle prévus par le contrat.
Ex.Cass. com., 1er juillet 2003, n° 00-19188 : « Attendu qu'en statuant ainsi, alors qu'il résulte des constatations de l'arrêt que la convention litigieuse stipule qu'en cas d'inobservation de la procédure d'acceptation, la société émettrice pourra obtenir, si son client porteur ne la règle pas, le remboursement des sommes avancées au commerçant, et que l'inobservation de cette procédure n'est pas contestée par le commerçant, la cour d'appel a violé le texte susvisé ». Dans le même sens, Cass. com., 27 septembre 2005, n° 04-10686.