Les relations financières entre l’État et la protection sociale impliquent de multiples flux : la participation de l’État au financement de prestations ou de politiques publiques gérées par la Sécurité sociale, le soutien aux régimes déficitaires, la compensation d’allègements de cotisations sociales, le versement par l’État en tant qu’employeur de « cotisations » pour ses personnels ou encore l'affectation d’impositions de toutes natures venant compléter les recettes de la Sécurité sociale (voir leçon n° 5).
Ex.En PLF 2025, les crédits du budget général à destination de la protection sociale atteignent près de 125 Md€. A cela s’ajoutent 290 Md€ de recettes fiscales affectées aux organismes de protection sociale
Avant même l’instauration des lois de financement, le Parlement était informé des liens financiers unissant l’État et la Sécurité sociale. Ainsi, le « Budget social de la Nation » puis l’ « Effort social de la Nation » faisaient notamment ressortir les prestations sociales et les charges incombant à l’État. Mais ces documents successifs n’étaient pas satisfaisants.
C’est pourquoi, en vertu de l’article 40 de la loi n° du 13 juillet 2000 de finances rectificative pour 2000, le Gouvernement présente chaque année un rapport annexé au projet de loi de finances dressant un bilan des relations financières entre l’État et la protection sociale au cours du dernier exercice clos, de l’exercice en cours et de l’exercice à venir. Le champ des organismes de protection sociale retenu dans le bilan comprend donc non seulement les régimes obligatoires de base de Sécurité sociale organisés par la loi (régime général, régimes agricoles et des indépendants, régimes spéciaux…) mais également les régimes obligatoires conventionnels c’est-à-dire les régimes complémentaires de retraite et le régime d’assurance chômage.
En savoir plus
Ce « bilan des relations financières entre l’Etat et la protection sociale » fait apparaître les flux liés à la mise en œuvre des politiques menées par l’Etat ;
- les contributions de l'Etat employeur ;
- les subventions versées par l'Etat à des régimes de protection sociale ou à des organismes concourant à leur financement et le rôle de ces subventions dans l'équilibre financier de ces régimes ou de ces organismes ;
- les impositions de toute nature affectées à ces régimes ou à ces organismes ;
- les garanties d'emprunt accordées par l’État à ces régimes ou à ces organismes et une évaluation des engagements financiers supportés par l'Etat du fait de ces garanties ;
- les créances et dettes réciproques, à court, moyen ou long terme, entre l'Etat et ces régimes ou ces organismes, évaluées à la date du dernier exercice clos.
Tx.« Les relations financières entre l’État et la protection sociale recouvrent des formes diverses, l’État étant à la fois :
- opérateur de protection sociale lorsqu’il auto-assure certains risques sociaux des fonctionnaires civils et militaires ;
- cotisant de la protection sociale lorsqu’il verse, en tant qu’employeur, des cotisations sociales au régime général et aux régimes complémentaires de sécurité sociale ;
- financeur de la protection sociale lorsqu’il compense, aux régimes obligatoires de base de sécurité sociale et aux régimes complémentaires, des exonérations de cotisations sociales ;
- financeur de la protection sociale lorsqu’il finance les prestations versées par les organismes obligatoires de base de sécurité sociale pour le compte de l’État , notamment l’allocation adulte handicapé, les aides personnelles au logement et la prime d’activité ;
- financeur de la protection sociale lorsqu’il verse des subventions à certains régimes obligatoires de base de sécurité sociale pour en assurer l’équilibre financier.
- financeur auprès des organismes de sécurité sociale via l’affectation de certains impôts et taxes. »
Extrait du Bilan des relations financières entre l’État et la protection sociale, annexe PLF 2026.
- opérateur de protection sociale lorsqu’il auto-assure certains risques sociaux des fonctionnaires civils et militaires ;
- cotisant de la protection sociale lorsqu’il verse, en tant qu’employeur, des cotisations sociales au régime général et aux régimes complémentaires de sécurité sociale ;
- financeur de la protection sociale lorsqu’il compense, aux régimes obligatoires de base de sécurité sociale et aux régimes complémentaires, des exonérations de cotisations sociales ;
- financeur de la protection sociale lorsqu’il finance les prestations versées par les organismes obligatoires de base de sécurité sociale pour le compte de l’État , notamment l’allocation adulte handicapé, les aides personnelles au logement et la prime d’activité ;
- financeur de la protection sociale lorsqu’il verse des subventions à certains régimes obligatoires de base de sécurité sociale pour en assurer l’équilibre financier.
- financeur auprès des organismes de sécurité sociale via l’affectation de certains impôts et taxes. »
Extrait du Bilan des relations financières entre l’État et la protection sociale, annexe PLF 2026.
Section 1. Les concours de l’État au titre des politiques sociales
On distingue, d’une part, les dotations budgétaires de l’État destinées au financement de certains dispositifs de protection sociale, d’autre part les subventions et garanties financières consenties par l’État à certains régimes et organismes spécifiques.
§1. Les concours de l’Etat au financement de certains dispositifs de protection sociale
Par conséquent, sont inscrites au budget de l’Etat des dotations qui visent à financer des politiques sociales qui sont, en pratique, gérées par des organismes de protection sociale.
Ex.En PLF 2025, 47,5 Md€ de crédits budgétaires sont prévus au titre des prestations de protection sociale financées par l’État et opérées par des organismes de Sécurité sociale.
Le montant fixé prend en compte le dynamisme de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), qui traduit notamment l’effet de sa déconjugalisation, ainsi que la revalorisation des prestations sociales au 1er avril 2023 et au 1er avril 2024.
Le montant fixé prend en compte le dynamisme de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), qui traduit notamment l’effet de sa déconjugalisation, ainsi que la revalorisation des prestations sociales au 1er avril 2023 et au 1er avril 2024.
Les crédits dédiés à ces politiques publiques sont classiquement présentés dans les projets annuels de performance annexés à la loi de finances.
Ex.On retrouve au sein du programme « Handicap et dépendance » de la mission « Solidarité, insertion et égalité des chances » les objectifs et indicateurs de performance liés au financement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH).
Les contributions de l’État au fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA) ou à la CNAMTS au titre de l'aide médicale d’État (AME) figurent au programme « Protection maladie » de la mission « Santé ».
La contribution de l’État au Fonds national d’aide au logement (FNAL) pour le financement des aides personnalisées au logement (APL) apparaît dans le programme "Aide à l'accès au logement" de la mission "Cohésion des territoires".
Les contributions de l’État au fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA) ou à la CNAMTS au titre de l'aide médicale d’État (AME) figurent au programme « Protection maladie » de la mission « Santé ».
La contribution de l’État au Fonds national d’aide au logement (FNAL) pour le financement des aides personnalisées au logement (APL) apparaît dans le programme "Aide à l'accès au logement" de la mission "Cohésion des territoires".
Les prestations gérées à la place de l’État par la Sécurité sociale apparaissent comme des dépenses dans le budget de l’État et sont traitées comme des opérations de trésorerie par la Sécurité sociale. Dans ces cas, les caisses de Sécurité sociale sont utilisées comme relais des politiques publiques impulsées et financées par l’État.
Ex.Au titre du financement de politiques sociales gérées par des organismes de protection sociale, l’État verse notamment des dotations :
- au Fonds national d’aide au logement (FNAL) qui finance les aides personnelles au logement (APL) ;
- à la branche famille qui sert l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) ;
- à l’assurance chômage au titre du financement des dispositifs de préretraites gérés par le régime d’assurance-chômage ;
- au Fonds de solidarité qui finance l’allocation de solidarité spécifique (ASS) versée aux chômeurs en fin de droits.
§2. Les subventions et garanties financières versées par l'Etat à des régimes de protection sociale ou à des organismes concourant à leur financement
La diminution des crédits ces dernières années s’explique essentiellement par une baisse tendancielle du nombre de pensionnés par les régimes concernés.
Rq.Ces subventions, qui représentent 6,1 Md€ en 2025, apparaissent parmi les recettes en loi de financement de la Sécurité sociale et sont inscrites comme des dépenses en loi de finances.
Chaque régime spécial fait l’objet d’une description détaillée principalement dans les projets annuels de performance de la mission « Régimes sociaux et de retraite » (mines, marins, SNCF, RATP) et « Ecologie, développement et mobilité durables » (Caisse nationale des industries électriques et gazières) du PLF.
Chaque régime spécial fait l’objet d’une description détaillée principalement dans les projets annuels de performance de la mission « Régimes sociaux et de retraite » (mines, marins, SNCF, RATP) et « Ecologie, développement et mobilité durables » (Caisse nationale des industries électriques et gazières) du PLF.
D’autre part, l’État accorde, dans les conditions prévues par la loi, des garanties financières à l’assurance chômage dont la situation financière conduit à recourir à l’emprunt.