Cour de Cassation
Chambre civile 1
Audience publique du 11 janvier 1989
Rejet .
N° de pourvoi : 86-19496
Publié au bulletin
Président :M. Ponsard
Rapporteur :M. Grégoire
Avocat général :M. Charbonnier
Avocats :Mme Baraduc-Bénabent, la SCP Riché, Blondel et Thomas-Raquin .
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 15 octobre 1986) que le peintre Georges Braque étant décédé en août 1963 et son épouse, usufruitière de ses biens, quelques mois plus tard, le droit de suite sur ses oeuvres s’est trouvé dévolu à son neveu, Jacques Gosselin ; qu’au décès de celui-ci, survenu en 1972, sa veuve a hérité de la totalité de ses biens ; que Mme Macaire, M. Loumeau et M. Petitjean, cousins de Georges Braque au cinquième degré et de Jacques Gosselin au sixième degré, soutenant que Mme veuve Gosselin n’était pas héritière du peintre au sens de l’article 42 de la loi du 11 mars 1957, ont prétendu exercer le droit de suite à l’occasion de deux ventes publiques d’oeuvres de Braque auxquelles M. Loudmer a procédé en 1982 ; que la cour d’appel les a déboutés de cette demande, ainsi que la SPADEM qui avait agi à leur côté ;
Sur le premier moyen :
Attendu que les demandeurs au pourvoi font grief à l’arrêt d’avoir ainsi statué au motif que Mme Macaire, M. Loumeau et M. Petitjean n’ont pas reçu par voie de dévolution successorale le droit de suite dont Georges Braque avait été titulaire, alors, selon le moyen, que ce droit ne prenant naissance qu’à compter du jour où une oeuvre de l’artiste fait l’objet d’une vente, ses bénéficiaires ne le recueillent pas par voie successorale mais en sont investi directement par l’autorité de la loi à la date où il s’ouvre ;
Mais attendu que le droit de participation au produit de chaque vente de ses oeuvres originales dont l’auteur d’oeuvres graphiques ou plastiques est investi par l’article 42 de la loi du 11 mars 1957 se transmet à ses héritiers et, après eux, à leurs propres héritiers, à l’exclusion de tous légataires, de sorte que les seuls titulaires de ce droit sont les personnes qui se rattachent à l’artiste par une suite de dévolutions légales ; d’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;
Sur le second moyen :
Attendu qu’il est encore fait grief à l’arrêt d’avoir écarté du bénéfice du droit de suite les consorts Macaire, Loumeau et Petitjean, alors, selon le moyen que, ne pouvant être transmis à Mme veuve Gosselin, sans lien de parenté avec Georges Braque, ce droit était dévolu aux héritiers subséquents à M. Gosselin, lesquels appartenaient à la famille du peintre ;
Mais attendu que l’article 42, alinéa 2, de la loi du 11 mars 1957 n’établit aucune distinction entre les héritiers légaux de l’auteur et les héritiers subséquents, au profit de qui subsiste le droit de suite, et que se trouve ainsi légalement justifié l’arrêt qui énonce qu’à la mort de M. Gosselin ses cousins au sixième degré, primés par la veuve de celui-ci dans l’ordre de la dévolution successorale, n’ont pas hérité de ce droit ; d’où il suit que le second moyen n’est pas davantage fondé ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi