Il existe une très vive controverse autour des tribunaux de commerce. Fruit de l'histoire, survivance de l'histoire, ils sont parfois jugés dépassés. On leur reproche leur archaïsme notamment dans leur composition qui s'inspire toujours de celle de l'ordonnance de 1583. Certains voudraient les voir supprimés ou tout au moins réformés. La question n'est pas nouvelle. Thaller s'interrogeait déjà sur leur avenir à la fin du 19ème siècle. Et des rapports récents tel le rapport Colcombet-Montebourg Doc AN n° 1038 du 2 juillet 1998 a mis en évidence de graves dysfonctionnements liés notamment au mode de recrutement des juges favorisant les conflits d'intérêts et la partialité. Un programme de réforme de la justice commerciale a été présenté en 1998 et trois projets de lois en 2000. S'agissant des tribunaux de commerce, le projet visait à instaurer une mixité au sein de tribunaux et confiant la présidence des chambres à des magistrats professionnels assistés de deux assesseurs commerçants ; la présidence du tribunal restant à un juge élu, en contrepartie la mixité serait introduite du sein des cours d'appel. Le projet fut très critiqué et il semble être enterré.Il faut toutefois remarquer que les réformes sont en marche : les professions judiciaires ont été réformées, des tribunaux supprimés, un Conseil national des Tribunaux de commerce crée et l'ordonnance n° 2006-673 du 8 juin 2006 a réintégré l'ensemble des dispositions relatives aux tribunaux de commerce dans le Code de commerce.
Sur la question, de nombreux documents sont consultables sur les sites de l'Assemblée nationale et du Sénat. Plus récemment, la question a été combinée avec celle de la redéfinition de la carte judiciaire et en dernier lieu le décret n° 2008-563 du 16 juin est venu fixer le nombre des juges et des chambres des tribunaux de commerce modifiant la partie réglementaire du code de commerce après que le décret n° 2008-146 du 15 février 2008 ait modifié le siège et le ressort des dits tribunaux. Une cinquantaine de tribunaux sont supprimés, cinq et un mixte sont créés. Ces dispositions sont entrées en vigueur progressivement, elles s'appliquent totalement depuis le 1
er janvier 2011. On peut noter que le mouvement de rationalisation se poursuit. En témoignent la suppression des tribunaux de Lille et de Roubaix-Tourcoing à compter du 1
er janvier 2013 et la création du nouveau tribunal de commerce de Lille Métropole. Le siège de ce nouveau tribunal est à Tourcoing. Cela étant la question de l'indépendance des juges élus et de leur impartialité demeure posée comme le montre la question prioritaire de constitutionnalité transmise par la Cour de cassation au Conseil constitutionnel le 6 mars 2012 (Cass. com., 6 mars 2012, n°
11-40102). Par décision du 4 mai 2012, le Conseil constitutionnel a reconnu la conformité à la Constitution des textes relatifs aux tribunaux de commerce (Cons. const., n°
2012-241 QPC, 4 mai 2102, D. 2012, p. 1626). La loi du 18 novembre 2016 a toutefois réformé la justice commerciale en instillant des règles de déontologie plus nombreuses et en modifiant les règles d'élection des délégués consulaires.
Dans le rapport des États généraux de la justice dit rapport Sauvé, il a été proposé de transformer les tribunaux de commerce en des tribunaux des activités économiques (TAE). Le législateur s'est emparé de cette proposition. Ainsi, la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 prévoit, à titre expérimental, la création de tribunaux des activités économiques (art. 26 et 27 de la loi n°
2023-1059 du 20 novembre 2023 d'orientation et de programmation du ministère de la Justice 2023-2027). Cette expérimentation durera quatre ans et concernera entre neuf et douze tribunaux de commerce désignés par arrêté du ministre de la Justice.
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